Etude des personnages d’Antigone

Antigone est une pièce particulièrement marquante par la force de ses personnages, qui prend tout son sens lorsqu’on les replace dans le contexte de 1944 dans lequel cette tragédie est écrite. Antigone, par son engagement sans borne pour ses idées de justice qui transcendent tout règlement, campe un magnifique personnage de résistante qui se bat pour une justice supérieure à celle érigée par les hommes d’état et les chefs de guerre. Elle ne fait jamais demi-tour, et reste impavide devant l’idée de sa mort pendant la majeure partie de la pièce, ce qui en fait un véritable symbole de la combativité. Pour autant, le personnage de Créon est loin d’être celui d’un tortionnaire dans une vision manichéenne de l’humanité ; il est au contraire extrêmement humain, trop même face à une Antigone que la peur n’envahira que tardivement. Il tente de sauver Antigone jusqu’au bout, la defendant contre elle-même en voulant la convaincre de renoncer à mourir. Le débat que mènent les deux protagonistes sur leur conception respective du bonheur est un grand moment de philosophie, où l’un prône la plénitude d’une vie simple et l’autre la fureur du dépassement de soi et de la défense des idéaux. Cette tempérance et cette bonté de Créon fut même reprochée à Anouilh, qui a été accusé d’avoir finalement accordé un plus beau rôle au garant de l’ordre qu’à la résistante, ce qui ne convenait pas aux idées de l’après-seconde guerre mondiale.

D’autre part, les personnages secondaires, beaucoup plus effacés, servent de contrepoids à ces grandes figures qui s’affrontent. La douce Ismène, sœur d’Antigone, est son opposé : belle, coquette et obéissante, elle ne demande qu’à vivre pleinement cette vie de compromis que sa cadette refuse si radicalement. Elle fait d’autant plus ressortir la singularité du personnage d’Antigone, à côté de laquelle tous les autres protagonistes paraissent ternes et lâches. Même Hémon, son fiancé, ne saura pas éviter le drame et ne comprendra pas les signaux que lui envoie sa fantasque promise. La solitude de la jeune fille est ainsi soulignée par ces personnages qui s’évertuent autour d’elle à la ramener à ce qu’ils jugent être la raison, en totale incompréhension face à elle. La nourrice tout particulièrement provoque ce choc des idées ; ce second rôle reprend le prototype de la nourrice dans les pièces antiques, où son bon sens à tout épreuve se heurte constamment à la folie de sa maîtresse. Ainsi cherche-t-elle à expliquer le comportement d’Antigone par des causes qui lui paraissent rationnelles : la voyant rentrer au petit matin, elle préfère penser qu’elle rentre d’un rendez-vous galant plutôt que d’envisager qu’elle ait pu tenter d’enterrer son frère en secret. Jusqu’au bout, Antigone est donc incomprise de tous, et même de son geôlier qui la surveille en attendant l’exécution. Celui-ci se sent mal à l’aise face à cette femme dont il ne comprend pas les actes et qu’il n’accepte d’aider qu’en échange d’une bague en or, ce qui engendre une scène au comique grinçant qui oppose les deux personnalités, l’une idéaliste et l’autre pragmatique.

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